Pour vivre une dynamique renouvelée en famille



Vivre Dieu en famille !



Série d'articles de David Mastriforti

Ressources pour les parents

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  • La série "30 jours avec" que vous pouvez commander sur le site kerusso.fr
  • Le site graine2vie vous propose deux fois par mois de recevoir par email un « PLIC » gratuit avec une suggestion d’activités à faire en famille, pour partager ensemble autour de la foi.
  • Le site canadien focusfamille avec un onglet en français
  • La revue Family avec abonnement sur le site magazine-family.


Transmettre la foi

Traditionnellement, la plupart des foyers protestants et piétistes pratiquaient, sous une forme ou une autre, un culte familial. Cette pratique était encouragée par les réformateurs et les revivalistes. « Un foyer est une école-Église » disait Martin Luther et Matthew Henry affirmait du culte en famille : « C’est là que la réforme doit commencer ». Charles Spurgeon avait deux enfants, et malgré ses deux prédications par jour, ses soixante-six ministères dont un orphelinat, ses deux cents lettres par semaine, il faisait un culte en famille tous les soirs à dix-huit heures. Dans nos églises, cette pratique s’est quelque peu perdue, souvenir d’un autre âge, où le pater familias ouvrait la Bible autour de la famille réunie. Malheureusement, on en voit le résultat.

Quelques statistiques :

  • 88% des jeunes de l’église, la quittent.
  • 85% des familles dans nos Églises s’attendent à ce que ce soit l’Église qui instruise leurs enfants dans les choses spirituelles.

En 2011, la sociologue Michelle Tribalat, dans une enquête sur presque 19.000 familles, a démontré que les protestants avaient le taux de transmission de la foi le plus faible. Sa conclusion est que le protestantisme se transmet mal en famille, loin derrière le catholicisme, l’islam et surtout l’agnosticisme. Pour information, quand les deux conjoints sont sans religion, dans 93 % des cas, les enfants sont sans religion. Heureusement que chez les protestants, surtout dans la tendance évangélique, la conversion reste un atout qui permet la propagation de la foi. Mais quel dommage, que l’insistance sur le salut individuel, nous ait fait négliger l’influence familiale.




Deux éléments de base

Dans la Bible, il n’y a pas vraiment de commandement direct exigeant que les membres d’une famille se rassemblent régulièrement pour rendre un culte ensemble. Mais si nous faisons un survol de l’ancien comme du nouveau testament, nous ne pouvons que reconnaître que la famille était un lieu de salut et d’éducation. De plus, il semble logique que les membres de la famille étant chrétiens, ceux-ci partagent des moments de prière, de chant et de lecture de la Bible ensemble. Chaque famille a ses valeurs, son style, son identité, son fonctionnement. Loin de moi, de vouloir imposer une méthode, un rythme ou un fonctionnement pour vivre ces temps spirituels en famille mais de proposer des principes qui soient valables pour tous. Quels sont les éléments qui devraient être présents dans le culte de famille des foyers chrétiens  et comment le vivre aujourd’hui dans notre monde moderne ? Deux éléments importants : la prière et la parole.




Prière multignérationnelle

Les enfants, contrairement à bien des enseignements, ont un potentiel spirituel que nous sous-estimons : ils peuvent entendre la voix de Dieu (Matt 11.25-26 ; 1Sam 3.1-10), expérimenter le St Esprit (Act 2.38-39 ; Joël 3.1-2), être de puissants témoins (2Rois 5.1-6), louer Dieu (Ps 8.3 ; Matt 21.15-16), ainsi qu’intercéder (Gen 21.17). Dans le NT, les enfants étaient avec les parents dans les réunions de la première église. « Ayant trouvé les disciples, nous sommes restés là sept jours… Mais, quand ces jours furent écoulés, nous sommes partis et, accompagnés de tous avec leurs femmes et leurs enfants, nous sommes allés jusqu’en dehors de la ville. Nous nous sommes mis à genoux sur le rivage, pour prier » (Actes 21.4-5). La culture méditerranéenne de l’époque était fondée sur la famille multigénérationnelle et cette structure familiale se retrouvait dans la conception de la vie spirituelle : « Vous vous réjouirez devant l’Eternel, votre Dieu, vous, vos fils et vos filles. » (Deut. 12.12a) Le désir de Dieu est que son nom soit « invoqué de génération en génération. » (Exode 3.15). Ce n’est que dans les derniers siècles que l’on a commencé, influencé par la pédagogie moderne, à séparer dans les églises, les classes d’âges pour plus d’efficacité.




La prière en toute occasion

La prière avec vos enfants commence dès qu’il vient au monde, papa ou maman, penchez-vous sur son berceau et priez pour votre enfant. Habituez-vous à le faire, car c’est une chose que vous ferez tout au long de votre vie, à chaque étape de sa vie. Même quand il aura quitté le cocon familial, vos prières l’accompagneront. Siméon, homme juste et pieux (Luc 2.25), pris dans ses bras Jésus (v.28), âgé de huit jours (v.21), et bénit Dieu en prophétisant sur sa vie (v.29-32). Pourquoi ne pas faire de même ? Puis durant la petite enfance de 0 à 2 ans, au moment du coucher, remerciez Dieu avec des termes simples, priez pour son sommeil et au lever, bénissez Dieu pour la bonne journée qui commence. Lors des repas, même s’ils prennent des petits pots, rien ne vous empêche de dire : « Merci Dieu pour la nourriture, pour les carottes… ». Les enfants apprennent par imitation. La prière ponctuée durant les évènements de la journée, va devenir un style de vie. Dès qu’il commence à parler, il peut prier. Il peut au début répéter une simple prière phrase par phrase. Avec mes enfants, je faisais répéter certains psaumes en guise de prière comme le Ps 1, 8, 23 ou 91.

En grandissant, vous allez adapter et diversifier les prières :

  • Action de grâce : « merci Dieu pour… » (Col 3.16)
  • Louange : « Dieu, tu es grand, tu es bon » (Eph 5.19)
  • Requête (pour soi): « Seigneur, aide-moi à bien travailler à l’école » (Phil 4.6)
  • Intercession (pour les autres): « Guéris mon papi… Que monsieur René te connaisse, Jésus »  (Ja 5.16)



La prière pratique

Vous pouvez prier avec des chants avec des gestes ou des supports, comme la main où chaque doigt correspond à une prière. N’hésitez pas à partager des expériences personnelles de foi et des exaucements. La famille peut tenir un carnet pour ceux qui aiment écrire et prendre des notes, et voir l'évolution des réponses de Dieu pour les personnes pour lesquelles on a prié, ou même, utiliser deux boites : une pour les requêtes, l’autre pour les exaucements. Par contre, instaurez le naturel, la simplicité.

Quand vous priez avec eux, faites-le courtement ! Acceptez aussi que vos enfants prient pour vous. La famille est une équipe, où chacun se soutien et s’encourage (1 Thess 5.16-18; Héb 10.24-25). J’ai souvent demandé à mes enfants de prier pour moi quand je faisais une mission ou quand la famille ou l’église passait par des moments difficiles. Je me souviens un jour avoir été cloué au lit, dans un état fiévreux important. Mes deux filles sont venues vers moi, je leur ai dit que papa était malade, elles m’ont imposé les mains et ont prié. A mon grand « étonnement », j’ai été guéri instantanément.




Transmettre la Parole

Selon Deut 6.7-9, les Israélites devaient inculquer la Parole de Dieu à leurs enfants. Ils devaient le faire régulièrement: “Quand tu te coucheras et quand tu te lèveras”. Ce passage a été compris par beaucoup comme une référence au culte familial du matin et du soir. “Quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage”. Dieu voulait que son peuple enseigne ses enfants tous les jours et en tous lieux. De même le Psaume 78.1-8, insiste sur cette transmission générationnelle. Au verset 3, nous découvrons que les générations précédentes avaient fidèlement transmis leur foi. Les pères avaient parlé à leurs enfants de ce que Dieu avait fait, de sa puissance et de son pouvoir. Puis, au verset 4, Asaph et le peuple de Dieu s’engagent à agir de même. Ils ne cacheront pas ce que Dieu a fait, mais ils le déclareront et l’enseigneront. De plus, cet enseignement mène à la prière et à la louange: “…redisant à la génération future les louanges de l’Éternel”. Ce passage dit littéralement: “les actes des louanges de Yahvé”. Lorsque l’on considère ce que Dieu a fait, la joie et les chants de louange ne peuvent qu’en découler tout naturellement!

Le verset 5 nous rappelle que, dans l’Ancien Testament, Dieu a ordonné aux pères de transmettre toutes ces choses. Pourquoi? Pour que la génération suivante les connaisse et transmette la foi aux générations qui n’étaient pas encore nées. Le culte familial était un élément clé dans la transmission de la foi d’une génération à l’autre. Il permet de conduire nos enfants à la foi en Dieu et en ses promesses, particulièrement maintenant qu’elles ont été accomplies pour nous en Jésus-Christ (78.7 - “Ils mettront leur assurance en Dieu…” ) ainsi que pour les former à une vie consacrée à Dieu, pour leur transmettre l’héritage que nous avons nous-mêmes reçu. Avec le temps, la pratique du culte familial devrait avoir pour fruit un peuple de Dieu fidèle, qui ne s’égare pas (78.8).




Comment transmettre la Parole?

Dès que notre enfant commence à comprendre, entre deux et trois ans, commencez à lui inculquer petit à petit la parole de Dieu. L'enfant ne pourra certes pas tout comprendre, mais est-ce nécessaire pour aimer Jésus et être sauvé ?

  1. Les histoires.
  2. Certaines histoires bibliques qui nous parlent d'enfants en bas âge (Moïse, Samuel…) sont à la portée d'enfants à partir de trois ans. Qu'elle soit de la Bible ou non, une histoire chrétienne, un témoignage est toujours très fort pour les enfants. Ils aiment les histoires, et il y a beaucoup de Bibles pour enfants que les parents peuvent lire pour ces moments de culte. On peut conclure en leur posant la question : Qu'est-ce que j'apprends sur Dieu ? Jésus ? Qu'est-ce qui était bien, que tu as aimé dans cette histoire ? Qu'est-ce que Jésus veut te dire à toi aujourd'hui dans cette histoire ? Peux-tu me raconter cette histoire que je viens de lire avec tes mots ?

  3. Les partages en famille.
  4. Les discussions à bâton rompu, les conseils de familles, les débats lors de repas ou d’un gouter permettent d’échanger nos valeurs, nos croyances, nos expériences et sont autant de moments informel où nous transmettons sous différentes formes sa Parole

  5. L’enseignement dans la vie ou la méditation rabbinique.
  6. Pour revenir sur Deutéronome 6, dans le verset 20, Dieu prévoit que la pratique de la loi des parents provoque des questions aux enfants : « Lorsque ton fils te demandera un jour : Que signifient ces préceptes… tu diras à ton fils… ». En hébreu, ce verset peut se rendre : à quoi servent-elles ? Pourquoi les observons-nous ? Quels sont leur but ? Nous retrouvons ce procédé par rapport à la cérémonie de la Pâques. Le sacrifice de l’agneau devant le seuil de la maison (Exo 12.21-22) avec le sang trempé et badigeonné sur la porte à un tel impact qu’il ne laisse pas les enfants indifférents. Ils posent des questions : « lorsque vos enfants vous diront : Que signifie pour vous cet usage ? »(v26). Elles suscitent des réponses "soufflées" par Dieu : « vous répondrez… » (v27) et il résume l’histoire du peuple et de sa délivrance.   Jésus utilisa ce procédé d’enseignement des questions-réponses, présent dans la pédagogie rabbinique. Les disciples posent des questions pour des éclaircissements et Jésus lui-même interroge ses disciples pour les faire réfléchir, comme en Matt 16. 13-16 - «Qui dites-vous que je suis ? » … JB, Elie, Jérémie… ! -«Et vous ? » … Tu es le Christ ! Jésus utilise les situations de la vie, comme une dispute entre disciple, une maladie, un fait divers pour distiller son enseignement. Il n’y a pas chez les juifs une séparation sacré-profane. Même le repas devient le théâtre de la grâce. De même, nous parents, l’enseignement peut jaillir à n’importe quel moment, de n’importe quelle circonstance. La vie quotidienne en famille devient une salle de classe permanente. Sachons poser des questions pertinentes à nos enfants pour les faire réfléchir, à tout moment !

  7. Les évènements familiaux et les fêtes.
  8. Ils sont l’occasion de rappeler les grandes vérités : Noël, la venue de Jésus, Pâques, la mort et la résurrection, la Pentecôte, le Saint Esprit, assister à un baptême l’occasion de parler de l’engagement. De même que la visite de site ou de musée du protestantisme, des églises ou même un cimetière sont des occasions d’instruction.




Conseils pratiques pour vivre Dieu en famille

  • La brièveté (Matt 6.7).
  • Il faut que ce soit court, sinon l’expérience devient ennuyeuse. Dix à quinze minutes suffisent. On peut toujours le rallonger au besoin. Il est préférable d’avoir un culte familial court chaque jour plutôt que d’essayer d’en avoir un de deux heures, une fois par semaine ou voire par mois!

  • La régularité (Daniel 6.11).
  • Le mieux est d’avoir un moment tous les jours et à heure régulière, que ce soit le matin, au repas du soir ou avant le coucher. Je suis réaliste, la diversité des emplois du temps et des rythmes de chacun rend difficile ce défi. Fixez au moins trois rendez-vous réguliers par semaine.

  • La flexibilité (1Co 9.19-22).
  • Chaque famille devra adapter son temps de culte à certaines occasions. Sans être inconséquent, les cultes de famille ne doivent pas devenir une obligation légaliste. Rien n’est non plus immuable dans la forme. Les familles sont libres d’être flexibles selon leurs circonstances. L’une va se laisser déborder par une longue discussion "théologique", l’autre préfère se réjouir dans le chant.

  • La priorité (Matthieu 22.37-39).
  • Nos horaires surchargés sont probablement le principal moyen que Satan utilise pour saper la stabilité et l’intégrité de nos familles. Nos moments ensemble sont une priorité. Attention de ne pas se faire avoir par les "laisse-moi juste faire ceci avant". Le culte de famille devrait devenir aussi habituel que les repas. Il est aussi important spirituellement qu’une famille se nourrisse en commun de la Parole de Dieu qu’il est essentiel que ses membres se nourrissent physiquement. Faisons la chasse aux parasites : La télévision, le téléphone et toute autre nouvelle technologie peuvent constituer des obstacles au culte familial. La télévision doit être éteinte et le téléphone aussi. S’ils ne sont pas éteints, ils doivent être ignorés — laissez-les sonner ou vibrer! Rien n’est assez important qui ne puisse attendre la fin du culte familial.

    Un jour, on posait la question à un vieux pasteur « Comment parliez-vous de Dieu dans son foyer ? ». Il eut cette réponse étonnante : « Avez-vous remarqué que dans les réunions de famille, lors de certains évènements, on parle plus des absents que des présents. Dans notre maison, on parlait peu de Dieu, mais il était présent. » S’il y a une leçon à retenir sur le culte de famille, au-delà d’un culte quotidien ou d’une pratique hebdomadaire, ne le faites pas, vivez le, vivez Dieu en famille.


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